No 1-2 (2022) · Articles

La néo-paysannerie comme quête d'écologie temporelle. Une analyse du rapport au travail au sein de collectifs autogérés du Sud-est du Massif central français

Madeleine Sallustio1
1Sciences Po
Résumé

Étudier les collectifs autogérés néo-paysans selon le paradigme des temporalités multiples permet de saisir la complexité de leur rapport au travail. La notion d'« écologie temporelle », qui statue de la juxtaposition, de la coordination et des rapports de domination entre les différentes temporalités, rend possible cette entreprise. La première partie de cet article fait état de la construction de l'hégémonie de la temporalité sociale liée au rapport salarial en contexte capitaliste. L'article soutient que c'est précisément ce contre quoi se mobilisent au quotidien les personnes rencontrées. Celles-ci mettent au cœur de leur initiative le fait de vivre selon des « temps choisis ». La deuxième partie décrit les arguments qu'elles mobilisent dans cette critique sociale et la façon dont cela influence leur projet d'installation. Leur organisation d'un travail qui se veut émancipé a toutefois des limites, et la troisième partie montre comment leurs souhaits d'émancipation au travail se confrontent aux exigences de flexibilité et de disponibilité demandées à la fois par le mode de vie néo-paysan et l'organisation collective autogestionnaire. La « valeur travail » demeure ainsi, malgré le travail de déconstruction développé.

Comment citer

Sallustio, Madeleine. 2022. « La néo-paysannerie comme quête d'écologie temporelle. Une analyse du rapport au travail au sein de collectifs autogérés du Sud-est du Massif central français ». Revue Temporalités et Sociétés 1 : 65-90. https://doi.org/10.66041/teso.01004.